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dimanche 3 janvier 2010

Bonheur et longévité

Que cette année 2010 soit une année douce, acidulée, parfumée, tendre et éveillée, à l’image de cet étonnant agrume : la main de Bouddha, un cédrat originaire d’Asie du Sud-Est, cultivé en France dans les serres de la famille Bachès, et cuisiné à Paris par deux chefs dont la cuisine me fait voyager à chaque bouchée : William Ledeuil et Antoine Herrah.

C’est un drôle de fruit, espèce de citron doux au parfum mêlant les odeurs du citron et de l’orange. Il se mange cru ou confit, la chair est plus douce que les citrons communs et se marie parfaitement avec les poissons blancs et crustacés.

La main de Bouddha est un gage de bonheur que l’on offre lors du nouvel an chinois. Phonétiquement le « Fo Shou » signifie bonheur et longévité.

Albert Camus, disparu brutalement il y a cinquante ans aujourd’hui, a écrit « Il n’y a pas de honte à préférer le bonheur. »... La main de Bouddha par ses multiples doigts semble nous indiquer l’existence d’une multitude de directions menant au bonheur...


Alors Très Bonne Année à tous !
Site des Bachès:
William Ledeuil: Ze Kitchen Galerie
Antoine Herrah: Le Chamarré-Monmatre

mercredi 30 décembre 2009

La tête qui tourne...

Un petit moment de gloire... accompagnée de l'angoisse de ne plus y arriver... la fameuse page blanche, les incertitudes, les doutes, la honte...

Tout a commencé en novembre, un coup de teléphone, un dîner au Paul Bert, c'était parti...

D'abord les idées, la rédaction, les propositions, puis les corrections, la réécriture... De l'émulation, un aller/retour à Bordeaux, une bouclage dans les règles de l'art... Du plaisir, beaucoup de plaisir.

J'aurais aimé poursuivre, les yeux rouges devant l'écran du maquettiste, les cris et les pleurs dans les bureaux alentours, les mains qui tremblent devant le B.A.T., la respiration chez l'imprimeur, le sang qui afflue aux bruits des rotatives...

Je suis l'auteur de trois rubriques, plus proches de chroniques que d'articles: Wine and the city, Un divan chez mon caviste et une "évolutive"...



Rien de technique car je ne connais pas encore suffisamment de choses... mais j'apprends... Les corrections des différents articles me servent de formation en oenologie... entre autre!

En attendant la suite...

Fine Wine est un nouveau journal gratuit qui parle du vin, de ceux qui le produisent, de ceux qui le boivent...

mercredi 23 décembre 2009

Si le père Noël est paimpolais, alors les marmottes sont alsaciennes


Cette année, le hotte du père Noël s'est remplie en grande partie à la Grande Epicerie du Bon Marché. J'en avais assez des cadeaux de principe, cette fois, ils seront authentiques. Ils se découvriront au fur et à mesure de leur dégustation, mettant tous les sens en éveil, comme si à chaque bouchée, une nouvelle couche de papier cadeaux offrait une jolie surprise.
Les papilles de ma famille pourront apprécier les confitures artisanales de Christine Ferber, certains auront du classique (framboises d'Alsace, fraises d'Alsace...) d'autres auront droit de goûter des reçettes d'antan comme la confiture de tomates vertes, et enfin les aventuriers plongeront leur cuillère dans la confiture de Noël (à base de poires, de figues, d'abricots secs, de pruneaux, d'oranges, de cerise, d'angélique, de citrons confits...)
Christine Ferber cuisine ses confitures en petite quantité: 4 kilos de fruits pas plus, qui permettent de produire une vingtaine de pots de confiture. Les saisons sont respectées et la qualité du fruit est recherchée. Lorsque je parle de marmottes, c'est un clin d'oeil, car la fabrication est artisanale et une fois la mise en pot effectuée, une jeune femme est préposée au joli ruban blanc noué autour du pot...
Noël, en plus du fruit, sentira aussi les embruns marins avec les conserves alléchantes de La Paimpolaise. Des petits pots de rillettes à tartiner avec des reçettes originales comme du lieu jaune à l'andouille de Guéméné, des couteaux à l'eau de vie de cidre ou des langoustines à l'aiglefin...

Demain, j'ai rendez-vous avec le père Noël chez Patrick Roger... parce qu'il sera temps de passer aux choses on ne peut plus sérieuses...
Joyeux Noël

Maison Ferber
18 rue Trois Epis,
68230 Niedermorschwihr
Tél : 03 89 27 05 69
La paimpolaise

mercredi 11 novembre 2009

ça se partage!


Parce que la cuisine, c'est de l'amour, du don, du partage... de l'intérêt, de l'envie, du plaisir... Parce que l'on cuisine pour les autres
Parce que l'éphémère laisse des souvenirs qui s'installent l'instant d'une bouchée, s'accrochent en décuplant les sensations.
Parce qu'une délicieuse assiette, provient d'une délicate intention qui doit sans cesse se renouveler pour ne pas se fâner
Parce que dans ton assiette, il y a le reflet de ce que je suis...
Bruno Verjus, auteur de "Reçettes pour ma femme", dédicacera son dernier ouvrage:
Le 12 novembre à La Cocotte, 5 rue Paul Bert 75011 Paris à partir de 18h00 et avec mes organic macaron
Le 21 novembre au Bon Marché dans le cadre du festival de la littérature gourmande (espace pique-nique) à partir de 14h30
Le 28 novembre à la Librairie Gourmande, 92/96 rue Montmartre 75002 Paris à partir de de 17h00
Le 3 décembre à la Librairie Henri IV, 15 boulevard Henri IV Paris 75004 à partir de 17h00
Le 5 décembre à la Librairie Badiane / In Cuisine 1 place Bellecour 69002 Lyon de 15 à 17h
Le 6 décembre, Librairie le Divan, 203, rue de la Convention 75015 Paris, à partir de 16h et avec quelques desserts
Le 13 décembre, La Terrasse de Gutenberg, 9 rue Emilio Castelar 75012 Paris, goûter de Noël à partir de 16h00

dimanche 30 août 2009

Les tomates de Joël Thiébault... encore les vacances!


Le mois d’août touche à sa fin, les vacanciers ont abandonné les plages, randonnées, hamacs et autres bateaux pour retrouver le pavé parisien qui garde encore un peu son allure estivale. Le stress et la vitesse n’ont pas encore repris leur droit. Paris garde encore sa quiétude doucereuse…
Alors pour prolonger un peu les souvenirs frais des déjeuners au jardin, il existe un maraicher qui cultive, ente autres, des tomates. De vraies tomates, avec du goût, avec de la couleur, avec de la fraîcheur. Des tomates offrant à la fois de l’acidulé et du sucré. Des tomates qui ne sont définitivement ni des légumes, ni des fruits, parce qu'on ne veut pas les classer… qui se mangent en entrée, en accompagnement, en dessert. On peut les assaisonner, les cuisiner, les grignoter… On peut les arroser d’un filet d’huile d’olive, d’un zeste de citron, émietter de la fleur de sel, mouliner un peu de poivre, déposer de jolies feuilles de basilic, ajouter de la mozzarella, des pignons de pain, des olives. Sur l’étal, puis dans le panier, comme sur une photo de famille, on peut reconnaître la tomate ancienne, la Marmande, l’ananas, la green zebra, la cœur de bœuf, les tomates cerises ; les rouges, les jaunes, les violettes. Certaines prennent même l'apparence des poissons clown... Pas de calibrage, elles sont à notre image, belles en cette fin d’été.

Joël Thiébault
le Mercredi et le Samedi
Avenue du Président Wilson (XVIème)
Métro: Iéna (ligne 9) ou Boissière (ligne 6)

le Mardi et le Vendredi
Rue Gros (XVIème)
RER: Av du Président Kennedy Maison de Radio France (ligne C)Métro: Boulainvilliers (ligne 6)

mercredi 3 juin 2009

Le safran, épice mal aimée, épice recherchée.


Sous l'égide d'Olivier Roellinger, le cuisinier voyageur, Ingrid Astier et Catherine Calvet ont évoqué le mystère du safran, une épice sans concession provenant du crocus sativus. Cette fleur timide, que l'on ne trouve pas à l'état sauvage, pousse à ras-le-sol pour éclore en octobre. La floraison réserve bien des surprises. De couleur parme, elle révèle en son cœur trois pistils rouge vermillon qui offrent à ceux qui les effleurent une teinture jaune d'or. Parant de cette couleur les mets auxquels elle se mélange, elle imprègne aussi les tissus de son intensité. Si cette épice est l'une des plus chères au monde, l'une des plus copiées aussi, elle est pourtant fortement délaissée dans nos cuisines depuis deux cents ans et demeure méconnue, si ce n'est snobée.


Il apparaît que cette mise en quarantaine d'une épice des plus utilisées au Moyen-âge, s'explique par son usage pharmaceutique qui lia l'identité de son odeur à celle du médicament. Cet aspect médicinal, associé à la dénaturation de sa saveur par le marché de la contrefaçon dont elle fait l'objet, contribue grandement à sa discrétion dans son utilisation culinaire.


La subtilité de son odeur inimitable est telle que sa qualification isolée n'est pas des plus aisées. Alain Passard la définit comme ayant un « côté vineux lié à un nez de brioche chaude ». Pour Guy Martin, « sa cannelle est son safran ». Olivier Roellinger, pour qui les épices occupent une place centrale dans sa cuisine, reconnaît avoir laissé peu de place à cette dernière. Il associe son odeur à celle d'une herbe légèrement séchée, un rapport subtil entre l'humidité et le séchage volatile de différentes herbes.


Tous reconnaissent cependant la délicatesse de sa saveur lorsqu'on mêle les pistils infusés à la rose ou encore à la cardamone. D'autres associations sont évoquées : le safran et le coing qui se subliment dans un mariage sensuel, mais aussi le contraste de l’épice avec la chlorophylle de la rhubarbe et l'acidulé citron. Le safran est une épice qui doit être utilisée pour venir perturber les autres éléments d'un plat afin de créer une véritable surprise gustative, à l'image du printemps qui promet tous les possibles.

Olivier Roellinger
1 rue Duguesclin
35260 Cancale
+33 (0)2 99 89 64 76
Ingrid Astier
Auteur du: Safran l’or de vos plats, avec Jean Thiercelin (Agnès Vienot éditions, 2007)

Catherine Calvet
safranière dans le Quercy

lundi 22 décembre 2008

Du Pain et Des Idées - Boulangerie



Christophe Vasseur est de ceux, qui, à la croisée de plusieurs chemins, on trouvé la sincérité et l’authenticité de leur démarche. « Du Pain et Des Idées », sa boulangerie, allégorie de ses envies, se situe en angle de rues, comme ouverte au passage et au partage. Le partage de l’Histoire tout d’abord, puisque le lieu est classé aux monuments historiques, avec ses miroirs en biseaux et son plafond fin XIXème.
Le pain est en accord avec ce décor, tout en justesse dans le respect de la tradition boulangère. Christophe Vasseur s’évertue à nous offrir les saveurs que connaissaient nos grands-parents et arrière-grands-parents. Les farines sont biologiques ou de tradition française, la pâte est fabriquée à la main et cuite sur pierre afin d’amplifier le goût et de permettre une meilleure conservation. Christophe Vasseur a étudié les méthodes anciennes de panification. Il choisit ses produits avec soin et reste à l’écoute de la clientèle.

En ces temps brumeux, il explique à des curieux que l’humidité ne permet pas à la pâte de lever de façon aérienne, le pain est donc plus compact mais se conserve mieux. Le boulanger n’est pas avare de détails lorsqu’il parle de ce qu’il aime : le pain est une matière qui n’est pas immuable mais qui vit et se modifie en fonction de différents critères. Ainsi le pain d’un jour ne sera pas le même que celui du lendemain. Christophe Vasseur ne cherche pas à façonner le pain mais l’accompagne dans sa transformation.
Les pains, posés sur de massifs comptoirs en bois, sont dorés et bruns. Le « Pain des amis », aussi convivial que son nom, a la croûte épaisse, la mie grège et les arômes de châtaigne et de noisette. Les viennoiseries ne sont pas en reste. Joliment empilés dans des paniers en osier, les croissants sont croustillants, les pains au chocolat généreux, les chaussons aux pommes, gonflés et charnus. La brioche est parfumée à la fleur d’oranger et parsemée de petits grains de sucre. Quant aux tartes, elles sont de saison : l’hiver, la pomme trône, maîtresse, joliment arrangée sur une pâte fleurant bon le beurre.

On se sent bien dans cette boulangerie de quartier, primée par le Gault et Millau cette année.

34 rue Yves Toudic
75010 Paris
01.42.40.44.52

lundi 24 novembre 2008

Les légumes de Joël Thiébault


L’automne semblait céder la place à l’hiver de façon précipitée, talonné de très près par la dépression saisonnière. Le ciel était gris, le vent froid soufflait fort : l’heure de la soupe avait sonné ! Soucieuse de suivre à la lettre les prédications des panneaux publicitaires placardés un peu partout incitant à consommer « cinq fruits et légumes par jour », je me trouvais soudain hébétée au rayon fruits et légumes d’un supermarché sans âme. Certes les légumes illuminés par les néons étaient gonflés, brillants, rutilants… mais uniformes. Le même calibrage pour les courgettes, le même rouge coquelicot pour les tomates… et le même soupir échappé face à cette monotonie de produits aux couleurs presque trop criardes, rangés scrupuleusement dans des cageots et qui sentaient l’ennui à plein nez.

Afin de lutter efficacement contre le spleen que m’inspiraient des légumes dépourvus de saveur et de surprise, je décidais de me rendre de bonne heure, un samedi matin, avenue du président Wilson. C’est au pied du pont de l’Alma que je me mis à piétiner l’allée du marché dans lequel œuvre le fameux marchand de couleurs, le maraîcher réconciliateur, le fournisseur des grands restaurants parisiens.

Le gigantesque étal du maître potager, composé des légumes bigarrés, chamarrés, provoquait ma curiosité… Je me faufilais dans la foule, ne sachant pas où porter mon regard. En haut ? Les pancartes des produits accrochées donnaient quelques appétissantes indications. Devant ? La multitude de formes, de couleurs et d’odeurs forçaient l’exaltation. Derrière ? Des silhouettes de grands chefs composant leur panier se découpaient sur fond de végétaux divers et inconnus…
Si Joël Thiébault, cultive ses légumes avec passion, il a su également distiller son amour pour les plantes potagères à toute sa brigade. Ainsi, je fus accueillie avec le sourire et la patience nécessaire à tout apprentissage. Le maître sut piquer ma curiosité et susciter mes envies. Je voulais des potimarrons, mais il était déjà trop tard, ils étaient partis… on m’expliqua alors que la récolte de ce type de courge s’était révélée parcimonieuse cette semaine… En ardent défenseur de l’agriculture raisonnée, Joël Thiébaut respecte non seulement les saisons, mais aussi le rythme de maturation de ses « produits vivants ».

Par chance j’appris que j’allais goûter aux dernières tomates de la saison. Choisies délicatement par le maraîcher, je déposais dans mon panier trois tomates, aux différentes tailles, s’unissant dans un camaïeu orangé…Enhardie par ses couleurs résistantes de l’été, je me laissais tenter par les navets boules d’or voisinant avec des violets plus traditionnels. J’étais lancée dans le tubercule… Mon guide m’invita à emporter des carottes en me composant un bouquet aux teintes orange, jaunes, blanches et violettes, certaines étaient arrondies et sucrées, d’autres étaient parées de deux jambes ; certaines se croquent crues alors que d’autres dévoilent leur saveur une fois cuites... Je fis le choix de ne pas goûter le célèbre chou mauve et me concentrais sur les salades : composant un assortiment de feuilles de chêne et de la traditionnelle laitue, je décidais d’expérimenter les feuilles de moutarde, très poivrées et une botte de ciboulail afin de piquer ma vinaigrette. Mon panier plein de vitamines et de bonne humeur, je repartais réconciliée avec l’automne qui me promettait désormais des assiettes pleines de vie, de saveurs et d’odeurs.

Joël Thiébault
le Mercredi et le Samedi
Avenue du Président Wilson (XVIème): Métro: Iéna (ligne 9) ou Boissière (ligne 6)

le Mardi et le Vendredi
Rue Gros (XVIème): RER: Av du Président Kennedy Maison de Radio France (ligne C)Métro: Boulainvilliers (ligne 6)